The subtle art of not giving a fuck

Alors que je furetais l’été dernier dans la librairie de Yale, aux États-Unis, par un bel après-midi, je suis tombée sur un livre intitulé « L’art subtil de s’en foutre » (« The subtle art of not giving a fuck » en VO) de Mark Manson.

Il semblait me faire un clin d’oeil, je décidai de l’acquérir. Bien m’en a pris, ce livre fut une excellente surprise.

 

Un livre à rebrousse poil

Pour être honnête, je l’ai acheté au feeling (j’aimais bien son titre et sa typo, particulièrement la manière de gérer le politiquement correct dans le mot F-CK) et aussi parce qu’il était à 30% de réduction. Je m’attendais à un millième bouquin de développement personnel sur le « lâcher prise », assorti d’un ton un peu canaille pour relooker le propos, je suis tombée sur l’inverse : un ouvrage d’une profondeur et d’une sagesse aux antipodes de son titre. Un livre qui assume d’être à contre courant de tous les clichés faciles dont on nous farcit la tête : penser positif, guetter la sensation, chercher à être extraordinaire.

 

La vie n’est pas toujours un grand bol de fraises

Pour MM on commence à vivre bien quand on prend à bras le corps la douleur inhérente à toute vie. Ça ne semble pas fun ? Je vous l’accorde. Mais comme je l’avais lu un jour dans un magazine hautement intellectuel (« 20 Ans », mon must read des années 90) « la vie n’est pas toujours un grand bol de fraises ». Depuis quelques mois, pour des raisons de santé, je ne peux pas vraiment dire le contraire. Et pourtant, la vie ne m’a jamais semblé aussi lumineuse : poussée dans mes retranchements, je mène un rude combat, entourée et soutenue par mes proches, et j’ai appris à prendre du recul par rapport à beaucoup de choses, à choisir mes « fucks », pour reprendre le langage fleuri de l’auteur.

 

De quoi se fout-on ?

C’est l’une des clés, selon Mark Manson. Identifier ce qui est vraiment important pour nous et concentrer son énergie dessus. Pour l’auteur, il ne faut bien sûr pas rechercher la douleur (ce n’est pas un livre sur les techniques de masochisme ou sur le meilleur moyen d’attraper une maladie) mais une fois le combat bien identifié, elle fait partie du processus : le reconnaître est une des marches qui mène au bien-être. Ce bouquin m’a aidée, à ce moment de ma vie, à mieux accepter ce qui m’arrivait et j’y ai puisé de l’inspiration.

 

L’art subtil d’écrire un bon bouquin

Avec ses titres de chapitre volontiers provocateurs (« Happiness is a problem », « You are not special »), il nous pousse à interroger chaque notion bien conformiste serinée à longueur de temps. Bien sûr que le bonheur c’est merveilleux, bien sûr que chacun(e) est spécial(e), mais plutôt que revendiquer le résultat, il s’attarde sur la manière d’y parvenir. Et c’est là où ça devient vraiment intéressant. De Metallica à Roméo et Juliette, d’Ernest Becker aux Beatles, de Saint Petersbourg à l’Afrique du Sud en passant par l’Amérique latine, Mark Manson nous offre une lecture jouissive, pleine de sagesse, d’humour et soutenue par une solide culture classique. Plus subtil qu’il n’y paraît !