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Envie de lecture légère, vivifiante et douce comme un rayon de soleil ?

 

Découvrez l'agence de détectives de Mma Ramotswe !

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Mma Ramotswe est une femme délicieuse découverte au détour de mes vagabondages dans les rayons de la bibliothèque de Juliette, grande dévoreuse de bons bouquins en tous genres.

Rien n'abat Mma Ramotswe, femme solaire pourtant peu épargnée par le destin, qui refuse de s'attarder dans l'amertume ou la tristesse malgré les coups du sort (un divorce sordide et la mort de son petit bébé). Au décès de son père, ancien mineur, elle décide de se lancer dans l'aventure de sa vie : l'ouverture de « l’Agence N°1 des Dames Détectives» de son « pays bien aimé », le Botswana.

A bord de sa camionnette blanche, elle sillonne les routes poussiéreuses du Kalahari et les rues encombrées de Gaborone, la capitale, à la recherche d'indices et de solutions pour régler les mystères les plus épais, débrouiller les écheveaux les plus complexes.

C’était une bonne enquêtrice et une femme de bien. Une femme de bien dans un pays de bien, pourrait-on dire. Elle aimait son pays, le Botswana, qui était une terre de paix, et elle aimait l’Afrique pour toutes ses vicissitudes (…) « C’est mon peuple, ce sont mes frères et sœurs. Il est de mon devoir de les aider à élucider les mystères de leur existence. Telle est ma vocation".

 

On croisera un médecin malhonnête, un mari infidèle, un père trop soupçonneux, une jeune femme indépendante, des crocodiles, un serpent et même une étrange affaire de sorcellerie. Tout ceci résolu avec le bon sens, la finesse et la force intérieure inébranlable de Mma Ramotswe

Rebondissements et suspense des affaires sont certes savoureux en soi, mais ce qui fait tout le charme de ce livre merveilleux, c’est la personnalité de son héroïne et le style de son auteur, tout en émotion retenue et en fantaisie.

 

 

Un style délicieux et sensible

 

Voici deux extraits de ce petit bonheur de lecture, premier opus d'une longue série d'enquêtes : à envisager pour de bons moments de lecture estivale !

 

1/ Sur le quotidien bien organisé de Mma Ramotswe, Precious de son prénom :

Ce matin-là, Mma Ramotswe alla faire des courses. Le rituel du samedi matin était sacré : elle se rendait au supermarché de l’African Mall, puis achetait ses fruits et légumes à la femme qui installait son étal sur le trottoir, devant la pharmacie. Ensuite, elle prenait un café avec des amis à l’hôtel President avant de rentrer chez elle, où elle buvait un demi-bière de Lion Beer assise sous sa véranda, en lisant le journal. En tant que détective, elle se devait d’éplucher les nouvelles et d’entreposer les faits dans un coin de son cerveau. Tout lui semblait utile, jusqu’à la dernière ligne des discours politiques prévisibles ou des communiqués des églises. On ne savait jamais : à tout moment, un fragment de connaissance de la vie locale pouvait se révéler crucial.

 

(...)

2/ Sur la résolution heureuse d'un enlèvement d'enfant, qui lui rappelle de douloureux souvenirs :

Elle se tourna vers la fourgonnette et adressa un signe à l’enfant encore assis à l’intérieur. La portière s’ouvrit et il vit son fils sortir. Alors il poussa un cri et s’élança, puis il s’arrêta et regarda Mma Ramotswe, comme pour obtenir confirmation. Elle hocha la tête et il reprit sa course, trébucha à cause d’un lacet défait, saisit son fils et le pressa contre lui, en hurlant des paroles incohérentes, afin que le village entier, que le monde entier pût entendre sa joie.
Mma Ramotswe retourna à la fourgonnette. Elle ne voulait pas perturber le moment intime des retrouvailles. Elle pleurait, des larmes qu’elle versait aussi pour sa petite fille à elle. Elle se souvenait de cette main minuscule qui avait agrippé son doigt, l’espace d’un si bref instant, en tentant de s’accrocher à un monde inconnu qui s’en allait déjà, si vite … Il y avait tant de souffrance en Afrique qu’on était parfois tenté de hausser les épaules et de s’éloigner. Seulement, on ne pouvait pas faire cela, pensa-t-elle. On ne peut pas.

 

 

Un auteur né au Zimbabwe

Alexander Mc Call Smith est un auteur britannique né au Zimbabwe où il a grandi. On sent à chaque page un amour du continent africain, un rappel sensuel des sons, des couleurs, des parfums. On suit les tribulations de son attachante héroïne d’autant plus facilement que son style est empreint d’un humour tendre et d’un optimisme plein de sagesse. Il alterne avec maîtrise les scènes « d’action », les dialogues, les passages plus contemplatifs et l’émotion.

 

Il a apparemment développé une autre série, les Chroniques d'Edimbourg. Plus brumeuse probablement, aussi jubilatoire je n'en doute pas !

 

 

 

 

 

Dandy américain

 

Gore Vidal

 

 

 

Il a traversé le vingtième siècle avec désinvolture, cynisme et une étrange sincérité.

 

Tout est surprenant et inattendu avec Gore Vidal : issu de la grande bourgeoisie bon chic bon genre de la Côte Est, il s’en démarque pour devenir le premier écrivain ouvertement gay, revendiquant son homosexualité dans un pays très conformiste. Dandy ironique, il se lance avec fougue et conviction dans les campagnes sénatoriales. Démocrate convaincu, il est écoeuré par la légèreté et les mensonges de la famille Kennedy, qu’il a bien connue :
Déjà à cette époque je trouvais que la famille en dehors de Jack (John Kennedy), était assez pitoyable, et que le père n’avait sa place qu’en prison. 
Séducteur assumé, papillonnant d’homme en homme, il cache pourtant un jardin secret, une blessure.

 

 

Hollywood + Washington

Ces paradoxes font tout l’intérêt de cet imposant « Palimpseste » que je n’ai lu d’abord que d’un œil distrait. Je trouvais le début assez plat, sans style, sans cohérence temporelle. Puis j’ai trouvé les allers retours entre passé et présent maîtrisés, son apparente superficialité de chroniqueur des potins de Hollywood se faisait tout-à-coup pleine de réflexion, faisant appel à Montaigne alors qu’il parlait des scénarios qu’il rédigeait pour la Paramount.


De Franck Capra, le réalisateur d'"Arsenic et vieilles dentelles" (décrit comme un paysan sicilien superstitieux et maccarthyste) à Tennessee Williams, (« L’Oiseau », comme il l’appelait), de Greta Garbo, drôle et taciturne à Paul Newman, « star avant d’être acteur », on découvre plein d’anecdotes. Sans compter que son impressionnant carnet d’adresses est un régal pour une cinéphile amatrice de politique et de littérature : Jackie Kennedy, Cary Grant, Hillary Clinton, Truman Capote, Tennesse Williams, Jack Kerouac et Allen Ginsberg : ils les a tous côtoyés plus ou moins longuement.

 

 

Jackie Kennedy

 Jackie Kennedy

 

 

Trois sujets fondamentaux :


La littérature et la création littéraire

Vidal fait la synthèse, dans son livre et dans sa vie, entre écriture « de commande » et écriture de ses propres livres. Il a besoin d’argent, ne s’en cache pas et écrit des tonnes de scénarios pour Hollywood et de pièces pour Broadway ou le West End londonien. Ses maîtres sont l’écrivain français Montaigne et l’auteur latin Lucrèce. Face à Allen Ginsberg, pape de la Beat Generation, qui se moque de son statut de riche auteur à succès, il montre le respect qu’il a pour l’écriture et dévoile un sens moral surprenant, ce qui est l’occasion d’un beau débat entre ces deux écrivains radicalement différents :
"Juste au moment où je commençais à comprendre ce que pouvaient être l’écriture et le meilleur moyen d’étudier la vie, vous êtes arrivés en prêchant un mysticisme confus, genre Étoile d’Orient. Je voulais que les gens réfléchissent. Vous vouliez qu’ils existent. Eh bien, ils existent, de toute façon. Mais encourager le public le moins instruit – et le plus exposé à la propagande – à ne pas réfléchir sur les raisons pour lesquelles les choses sont ce qu’elles sont, cela relève de la cruauté ». (…) Nos divergences étaient totales.

 

L’engagement politique

Il a une franchise et une droiture dans son engagement politique qui détonnent avec le milieu compassé et plutôt conservateur dont il est issu. Avec énergie et un certain courage, il assume son engagement de gauche à un moment où le maccarthysme fait rage et coupe net certaines carrières. Il est un observateur sévère de la société de son pays et son impérialisme ravageur.


Juste derrière le beau bâtiment blanc neige de la Cour suprême, les rues ont l’air d’avoir été bombardées au cours d’une guerre perdue il y a déjà bien longtemps ; C’est là que vit la majorité noire de la ville. Et les occupants du Capitole continuent à parler avec insouciance de la démocratie, de la justice, des droits de l’homme et du monde libre. Heureux le pays sans mémoire collective. Mais pour peu que l’on observe les tableaux et les statues qui ornent les bâtiments et les jardins publics, on se rend compte que tout le monde a été avalé par le temps ou remodelé pour répondre aux nécessité actuelles, comme Lincoln, que les instituteurs nous vendent désormais comme un abolitionniste ressuscité.

 

L’homosexualité

Il en parle avec simplicité et crudité. Pour lui, la société américaine a un sérieux problème, en catégorisant, refoulant, ostracisant l’homosexualité alors qu’il la vit comme une évidence paisible.

 

 

Le créateur de son propre personnage

En fait, tel un Palimpseste (voir mon article précédent sur ce sujet) qui donne son nom au livre, un deuxième visage se révèle peu à peu sous le premier, qui est peut-être un masque, peut-être pas. A la fin de la lecture, on a ainsi fait connaissance avec :

Gore Vidal n°1, se décrivant lui-même, avec aplomb, comme un « serial séducteur » insensible, aux centaines de conquêtes, qu’il décrit avec détail et complaisance. Il se conforme pour le public au personnage qu’il a décidé de créer, mais qu’il est, sans doute, aussi : arrogant, mondain, cynique, insensible, superficiel.

Gore Vidal n°2 : profond, sincère, engagé, courageux, honnête, avec une droiture morale en contradiction avec Gore Vidal n°1.
J’aime bien ce passage qui montre la dualité de l’homme, en pleine soirée « mode et politique » sous les Kennedy, à la Maison Blanche :
Mes nerfs - qui ne sont déjà pas un cadeau quand tout va pour le mieux – étaient mis à rude épreuve et j’interprétai cela comme la revanche d’Apollon pour me punir d’avoir tardé à réorienter ma vie, comme je me l’étais promis. Je n’ai jamais aimé les mondanités, d’aucune sorte et plus elles sont pompeuses et moins je les aime. Les affaires de clan, si l’on n’est pas membre du clan, ont quelque chose de cauchemardesque : tout le monde essaie d’attirer l’attention du souverain. Mieux vaut, de loin, lire Saint Simon que de regarder bêtement le Roi-Soleil flamboyer.

Son habileté, sa liberté d’écrivain est de laisser les deux interprétations ouvertes. Au lecteur de se faire une opinion. Lui referme le livre et tire sa révérence : « un honnête homme, c’est un homme mêlé », disait Montaigne.

  

 

  Montaigne par Enki Bilal

 Montaigne par Enki Bilal

 

 

 

 

 

 

 

Palimpseste rectoGF

 

 

Drôle de mot

Palimpseste. Nom masculin. Rencontré lors de mes premières semaines en classe prépa Lettres.
Je trouvais qu’il sonnait mal – pas facile à prononcer, d’une obscurité de snob.
Lorsque j’ai compris sa signification, j’ai trouvé ce mot superbe car il est l’essence même de l’histoire littéraire.

Un palimpseste est un parchemin médiéval que les copistes soucieux d’économies grattaient pour écrire par-dessus le texte précédent. On peut sur certains discerner nettement les inscriptions précédentes, impossibles à effacer sous les nouveaux écrits. A l’heure du digital, de l’évanescence de mots aussi vite envoyés que supprimés, cela met un peu de concret, du brut.

Voilà pour le sens premier.

 

Intertextualité universelle

Plus largement, le terme décrit le processus qui consiste pour un écrivain à s’approprier consciemment ou inconsciemment les écrits des auteurs qui l’ont précédé. Il y aurait donc plusieurs voix dans une œuvre, certaines s’étant tues depuis longtemps et ressortant comme des ombres entre les lettres du texte.
Cette « intertextualité » est comme un maillage géant en 3D, passé, présent et futur. Un héritage universel enrichi potentiellement à chaque nouvel opus.

Cet ajout continu, ces traces laissées d’une œuvre à l’autre jusqu’à créer un fil jamais rompu depuis Homère et l’épopée de Gilgamesh se retrouvent dans tous les autres arts. Un Velasquez a récemment été restauré sous l’oeuvre d’un peintre mineur de son atelier. Beethoven, très marqué par la musique de Haydn et Mozart, s'en dégage pour créer son propre génie mais aurait-il été Beethoven sans ces deux illustres influences ?

 

Aujourd'hui la notion de palimpseste est à la base du travail de nombreux artistes.

Ce site quant à lui, présente les enjeux qui se cachent sous les cartes du monde avec ses "palimpsestes cartographiques": https://oucarpo.wordpress.com/tag/palimpseste/

 

 

 

 

L'avènement de Donald Trump a fait couler beaucoup d'encre et nombreux sont ceux qui ont cherché à comprendre les ressorts qui l'ont amené au pouvoir. Une chose est sûre : son "storytelling", l'histoire qu'il a présentée aux Américains et sa manière de la présenter, a été jugé plus séduisant pour de nombreux électeurs que celui de Hillary Clinton. Et ce malgré les efforts de Michelle Obama, dont le discours "ça suffit !" (dont je parle dans l'article précédent) avait fait date.

Les observateurs ont déjà fait l'analyse de cet animal politique hors norme, parfaitement à l'aise dans une ère étrange, celle de la politique "post vérité", où les faits réels importent moins que l'émotion. Ce qui, au passage, pose de nouveaux problèmes de positionnement aux medias, pour qui le "fact checking", la vérification des faits, est un des piliers de l'existence.

 

trump tower

 

 

 

C’est maintenant la dernière ligne droite : dans 48 heures, les américains et le reste du monde sauront qui présidera à leur destinée pour les quatre prochaines années. Résidant aux États Unis pour quelques jours encore, j’ai souhaité revenir sur ce qui selon moi fut le plus beau moment d’une campagne tendue et éprouvante pour le pays : le superbe discours de la First Lady Michelle Obama, le 13 octobre dans le New Hampshire.

 

Discours de Michelle Obama dans le New Hampshire le 13 octobre 2016 


Abondamment commenté, très admiré, je l’ai écouté peu après sa diffusion, éblouie comme beaucoup d’autres par la qualité et la force de son contenu. Réalisé dans un « swing state » (état indécis, qui « balance » (swing) entre le camp des démocrates et celui des républicains en fonction des élections) à peine un mois avant l’échéance, il fait suite à un épisode particulièrement désastreux pour le camp républicain, avec la diffusion de propos vulgaires et misogynes de leur candidat.
Le discours se montre à la hauteur de l’enjeu et au-delà, pour devenir une référence dans cette campagne brutale :

 


1/ Michelle Obama oratrice hors pair

Accessible, claire, elle s’exprime sans note pendant 24 minutes sans jamais se laisser déconcentrer ni être dans la connivence déplacée. Elle semble réellement habitée par ce qu’elle dit, ce qui se traduit par une voix qui enfle progressivement, une attitude corporelle ouverte et très droite.

 

Michelle Obama

 

 

 

2/ Un modèle de discours

Son propos est parfaitement construit : après avoir « chauffé » la salle, elle s’appuie sur un exemple concret : sa semaine « contrastée » entre la Journée internationale de la fille le 11 octobre, lors de laquelle elle a rencontré des jeunes femmes qui l’ont inspirée par leur courage, et la dernière saillie particulièrement dégradante de l’ « opposant » (dans une campagne saturée de « Trump », elle a l’habileté de ne jamais citer son nom). Elle revient sur cet épisode lamentable pour tisser une double trame : l’affirmation du droit au respect pour les femmes et le soutien à la candidate démocrate Hillary Clinton.
Se servant de « l’opposant » (champ lexical négatif) comme repoussoir, elle dit « ça suffit ! » et décrit avec puissance ce que doit être le futur ou la future président(e) des Etats Unis. On arrive à l’acmé du discours et c’est exactement à son milieu qu’elle clame : cette personne est Hillary Clinton. Maîtrise du temps.
Après un éloge efficace de la candidate démocrate, elle insiste sur l’importance du vote pour stopper le « délire » de l’opposant, pour réaffirmer les valeurs de son pays ridiculisées par cet homme. Elle termine dans la plus pure tradition américaine, avec un «êtes-vous tous avec moi ? » digne d’une superstar en concert et « God bless », dans une ambiance de ferveur extraordinaire.

 

 

3/ La politique comme vision de la société

Plusieurs fois dans le discours elle revient sur deux points : l’importance pour les États Unis de garder un rôle de « phare » (également habile car elle chasse sur les terres de Trump dont le slogan est « Make America great again ») et le message à transmettre aux enfants. Elle fait de ce vote un symbole de l’affirmation des valeurs qui, selon elle, ont fait de ce pays une grande nation : le respect pour chaque citoyen, quel que soit son sexe. Elle insiste : la grandeur d’un pays se mesure à la manière dont il traite ses filles et ses femmes. Et elle est stupéfaite que dans son pays, on en soit encore là en 2016. Elle a des mots vibrants pour parler des humiliations subies par les femmes et du courage qu’il faut pour relever la tête en s’impliquant personnellement, en tant que femme, disant à quel point l’attitude de « l’opposant » lui a semblé dégradante, blessante.


Elle est très juste et avisée en associant les hommes à sa réflexion. Pour Michelle Obama, c’est une réduction de la masculinité de considérer les hommes comme des prédateurs. « Les hommes forts n’ont pas besoin de rabaisser les femmes pour se sentir puissants. Les gens vraiment forts tirent les autres vers le haut », ce qui est le cas, dit-elle, de Hillary Clinton.
Donc elle invite chaque citoyen à voter pour Hillary Clinton en insistant sur l’importance du vote de chacun : « We have knowledge. We have a voice. We have a vote ».


Ce discours est celui d’une femme, d’une démocrate, mais aussi d’une très bonne politique. L’avenir dira s’il dessine le début d’une ambition personnelle.

 

 

4/ Comment écrire l’histoire américaine ?

La communication politique est storytelling : on raconte une histoire en s’appuyant sur des valeurs, un mythe, une identification, avec les ressorts du théâtre, de l’émotion, de la persuasion. On raconte un récit, voire une épopée.
Michelle Obama maîtrise cet art à la perfection. Face à une campagne qui s’enfonce en-dessous d’un niveau acceptable, elle prend la plume pour écrire une belle histoire : celle d’un pays unifié, qui traite avec le même respect ses citoyens quelque soit leur sexe, qui élit une personne compétente et expérimentée pour conserver son rôle de leader « moral » dans le monde. Elle s’implique personnellement dans cette histoire, décrivant ses propres émotions « It hurts » (« c’est blessant ») et terminant sur une note d’espoir.
Certaines étapes d’une campagne marquent les esprits, constituent une référence – positive ou négative – dans le cours long et tortueux de la démocratie. Ce discours est une référence en la matière. Sera-t-il suffisant pour influer sur le résultat du vote ? Nous serons rapidement fixés.